Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11 octobre 2008

Pour la fusion des deux chaînes parlementaire.

Public Sénat et LCP - Assemblée Nationale se partagent un canal de diffusion. Cette cohabitation qui fait que les deux entités se répartissent le temps d'antenne, en faisant alterner les programmes produits par l'une et l'autre, est irrationnelle. Nul n'est besoin de deux chaînes parlementaires.

Premièrement, il est évident que l'existence de deux chaînes implique les doublons. Doublons des emplois administratifs, doublons dans les programmes, doublons dans les coûts.

Deuxièmement, l'existence de deux grilles devrait logiquement impliquer à terme l'attribution d'un canal à chaque chaîne. Or, cela les risque de prendre du temps, car pour que des fréquences de la TNT se libèrent, il faudrait que les ondes hertziennes ne soient plus occupées que par des chaînes diffusées numériquement. D'éventuels canaux supplémentaires pourront être libérés si les six chaînes principales actuelles arrêtent de diffuser en analogique hertzien, ce qui prendra bien plusieurs années, vu que c'est encore le principal moyen de réception de la télévision par les ménages français.

Troisièmement, il n'y a aucune nécessité fondamentale pour que chaque chambre du parlement ait sa chaîne dédiée diffusant 24 heures sur 24, alors que les fréquences de la TNT sont limitées en nombre. La réalité est qu'il s'agit de rivalités entre bureaucrates et hommes de pouvoir cherchant à marquer leur territoire. Il s'agit de quelquechose de vain car chacun se bat pour sa sphère d'influence sans se demander à quoi tout cela sert, et ce dans l'indifférence générale. Car ni l'une ni l'autre ne souscrit aux enquêtes de mesure d'audience, le but n'étant évidemment pas d'en faire. L'existence de chaîne parlementaire devrait relève d'une mission de service public. Or, ces disputes d'essence bureaucratique n'ont pas de justification de service public.

Quatrièmement, la lutte contre les déficits publics devrait justifier la fusion des deux chaînes parlementaires. Qu'on pense seulement aux économies d'échelle qui résulteraient de la fusion de ces deux chaînes. Le coût des deux chaînes a avoisiné les 22 millions d'euros en 2006, une somme en hausse de plus de 65 % sur les cinq années précédentes. On se retrouve alors avec un nouveau puit de dépenses créé pour satisfaire les égos des responsables des deux chambres du parlement, pour que chaque institution ait sa propre chaîne qui parle d'eux en permanence.

Cinquièmement, le prétendu caractère "hégémonique" de LCP - Assemblée Nationale ne doit pas servir d'argument pour justifier l'existence de ces deux chaînes dispendieuses. Une chaîne parlementaire fusionnée pourrait très bien donner une part équivalente au sénat et à l'assemblée nationale. Il suffit d'un bon cahier des charges incluant une répartition des heures adaptée.

Sixièmement, il ne faut pas justifier l'existence de deux chaîne par la possibilité d'un accroissement significatif de l'audience. Certes, il peut être souhaitable qu'il y ait une chaîne consacrée à la citoyenneté et aux débats politiques. Mais il ne faut pas se leurrer, les scores d'audience des chaînes sérieuses seront toujours faibles globalement. La mise à l'antenne de vedettes n'a jusqu'à présent pas amené une explosion de l'audience. Le créneau est trop faible pour justifier l'existence de deux chaînes.

Septièmement, rien n'empêche les débats du Sénat et de l'Assemblée Nationale d'alterner sur un même canal. L'enregistrement des débats de ces deux chambres pourrait très bien être pris en charge par une seule entité. Il n'y a aucun obstacle technique à cela.

LCP-AN et Public Sénat doivent évidemment fusionner. Les responsables des deux chaînes et des deux assemblées, l'ensemble des pouvoirs publics (CSA et gouvernement inclus) ont le devoir moral de faire prévaloir l'intérêt général. En particulier, ils ont le devoir de chercher à faire des économies dans la mesure où il s'agit d'abord un coût pour les finances publiques. Certes, une fusion de deux chaînes qui ont entretenu des relations difficiles risque d'être compliquée, mais c'est la moindre des choses à faire ne serait-ce que pour économiser au mieux les ressources de l'Etat. L'argent de l'Etat pourrait doit avoir une autre utilité que de servir à l'autopromotion de certains de nos dirigeants. Les déficits et la dette nuisent à la crédibilité de l'état et donc à ses interventions dans le domaine économique et financier. Il n'y a pas de petite économie car les petits ruisseaux font les grandes rivières. Il est triste de voir des responsables publiques défendre non l'intérêt général mais leur petit, illusoire et vain périmètre d'influence et de pouvoir.

Alaric Osmond

11:29 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0)